Cis-tème

Grève des femmes – Un groupe d’hommes blancs et cinquantenaires propose de tenir les banderoles des manifestantes, “parce que c’est lourd quand même”

L’un d’eux ayant au hasard revu le film OSS 117 “Rio ne répond plus », l’idée, basée sur la célèbre réplique : « On en reparlera quand il faudra porter quelque chose de lourd », lui serait venu presque immédiatement en voyant les banderoles. 

Depuis le temps qu’on en parle, les hommes semblent avoir compris qu’être solidaire, c’est se positionner en retrait, surtout lorsqu’on ne peut ni comprendre ni vivre les agressions quotidiennes auxquelles sont confrontées les objets de leurs désirs sexuels. C’est pourquoi, en marge de la préparation d’immenses banderoles floquées « Le Patriarcat, c’est l’époque à grand-papa » ou encore « Nik le cis-tème », un petit groupe d’hommes, rompus aux idées féministes mais néanmoins bien décidé à prendre sa part de boulot dans le combat qui les oppose à eux-mêmes, a proposé aux grévistes de collectiviser la force de leurs bras entretenus à la salle afin de tenir les banderoles qu’ils jugent trop lourdes eu égards à la circonférence des bras des dames qu’ils entendent ainsi protéger contre le claquage ou le surmenage – à ne pas confondre avec le surménage, qui, selon le Larousse revisité par Jean-Claude Van Damme, surviendrait lorsqu’une femme s’épuise à trop faire la poussière.

Bref, c’est donc plein de bonne volonté que ces fiers et beaux vieillards d’un âge moyen d’une cinquantaine d’année – bien qu’ils soient accompagnés de l’éminent Félicien Monnier, 33 ans en apparence mais 147 en développement cognitif – ont proposé au comité de la Grève Féministe de tenir leurs banderoles « pour rendre service » et décharger les femmes de la charge physique qu’elles représentent et qui vient trop souvent surajouter à la charge mentale qu’elles subissent quotidiennement comme autant de micro-agressions que les dents d’un morfal dans un sandwich Burger King.

Seul bémol peut-être, si elles acceptent la proposition de ces gentils messieurs, les militantes devront se munir d’échasses pour que leurs visages soient vus et reconnus sur la photographie officielle. Un moindre mal quand on sait que les « objets lourds » sont responsables de près de 89% des lumbagos qui touchent, eux, essentiellement les femmes qui ont bêtement décidé de quitter leur mari alors qu’elles n’avaient même pas de travail pour subvenir à leurs propres besoins.

La Rédaction.

Illustration : “Grève des femmes – 14 juin 2019” by DeGust is licensed under CC BY-NC-ND 2.0

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