Economie

Sa montre à 50’000 francs n’impressionne pas les gens autant que prévu

Kévin Durante a économisé durant de nombreuses années pour acheter une Breitling hors de prix, ceci pour impressionner son entourage et les filles du Bypass, établissement nocturne où il se rendait avant la crise sanitaire. Pourtant, l’effet escompté ne s’est pas produit… 

« Lorsque j’ai vu David Beckham avec sa montre édition limitée, je suis tombé amoureux non seulement du footballeur mais aussi de la montre. Dès lors, le seul et unique but de mon travail à l’atelier fut de pouvoir économiser assez d’argent pour m’offrir un modèle similaire, quoique plus bas de gamme. Ah si seulement je ne m’étais pas fait les ligaments croisés lors d’une détection pour Arsenal ! Je serais certainement aussi riche et populaire que David ! ». 

Piètre footballeur, mais néanmoins déterminé à acquérir assez d’argent pour atteindre le statut social et le charisme de David Beckham, Kévin ne lésine pas sur les sacrifices. Ainsi, durant plus de cinq ans, il mange des pâtes au beurre tous les midis, s’autorise parfois quelques copeaux d’un parmesan fait maison qu’il cultive alors à partir des champignons bio de ses pieds dépourvus de l’hygiène la plus élémentaire puisque, pour économiser sur sa consommation d’eau, il ne se lave plus qu’une fois toutes les deux semaines. « Il n’y a pas de petites économies », aime-t-il à nous rappeler lorsque nous l’interviewons en train de retourner la benne à ordures située au bas de son immeuble. « Regardez ! Là je viens de retrouver des capsules Nespresso à peine utilisées ! Ah ce qu’ils sont cons mes voisins ! Ces machins ça se remet dans la machine quatre ou cinq fois ! ». 

Au terme de dix ans de vie monastique, Kévin parvient donc à s’offrir le bijou masculin et viril tant attendu ! Le jour de l’achat, il remise ses nippes pour revêtir un costume trois pièces à la J-P Fanguin, c’est-à-dire un peu trop serré sur ses pectoraux travaillés à la salle mais néanmoins en parfaite adéquation avec l’image qu’il veut montrer de lui-même : celle d’un jeune homme beau, confiant et assuré. Alors que s’exécute sans peine l’obséquieuse cérémonie d’achat où le revendeur qui, coïncidence, se prénomme aussi Kévin, lui offre un café et un stylo, nôtre Kévin s’imagine le changement opéré dans sa vie par ce microscopique acte d’achat : les gens l’apprécieront enfin à sa juste valeur ! Il sera reconnu de tous comme un être au statut social supérieur !

Pourtant, à son retour dans la rue principale, Kévin ne voit aucun des quidams s’extasier discrètement sur sa montre ; encore moins l’un d’eux s’approcher pour le questionner sur les raisons de sa réussite… « La jalousie, sans doute ! », se dit-il en son for intérieur. 

La Rédaction. 

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