L’arrivée réjouissante de l’été charrie aussi son lot d’inconvénients parmi lesquels des hordes d’affreux mendiants édentés, borgnes et goitres déferlant sur les cafés et contraignant les chroniqueurs du Temps à interrompre leur conversation de la plus haute importance, le Temps d’un instant… Que faire face à ces indigents ? En exclusivité, la Rédaction de la Biturne de Genève vous livre tous ses secrets.
1) Lui jeter le Mojito à 15 balles à la gueule en lui intimant de traverser la rue pour trouver un emploi et, après vous être rendu compte que l’Office régional de placement est, à dix-sept heures passées, plus que fermé, lui dire qu’il ne peut s’en prendre qu’à lui-même s’il est dans une telle situation : c’est la solution la plus courante et la moins originale. Elle a néanmoins le mérite de permettre à ce manent d’économiser les cinquante centimes d’une Prix garantie puisqu’il pourra essorer ses vêtements imbibés de votre Mojito afin de le boire à votre place. Ah ces mendiants ! Non contents de déranger, en plus ils sont égoïstes et ne pensent qu’à leur propre état d’ébriété ! 2) Réfléchir à sa condition de (petit) bourgeois sans problèmes, en conclure que ce n’est pas grave et, conséquemment, ne pas en faire tout un plat (encore moins une chronique d’opinion dans un quotidien qui se veut de classe mondiale) : difficile, pour des personnes qui n’ont d’autres problèmes que d’inspecter leur nombril, de ce faire. Pourtant s’agit-il le plus souvent de la meilleure option quand quelque chose – quelqu’un, en l’occurrence – de désagréable nous tombe inopinément dessus. En gros, laisse couler Dédé, tu n’as rien à gagner que des cheveux gris en te turlupinant pour si peu. Laisse béton Manon, ce serait con de développer un ulcère pour un problème qui n’en est pas un. 3) Se jeter par terre et faire le mort : si l’homme est un loup pour l’homme, le mendiant en est la version enragée que vous avez une chance faire fuir en vous jetant par terre et en faisant le mort. Le mendiant-loup n’aime en effet pas trop la viande qui traîne là où, par les nuits de pleine lune, il urine abondamment afin que vous vous y couchiez les soirs où il vient vous demander une pièce. 4) Le bon vieux Mawashi-geri : Si vous ne craignez pas d’attraper un herpès un le tétanos en touchant le mendiant qui vous importune, alors levez-vous et adressez-lui votre meilleur coup de pied circulaire à hauteur du torse. Peu de chance, après une telle déculottée, que l’inopportun vous dérange à nouveau. Vous pourrez alors discuter des abdominaux de Brandon ou de la douzième rupture en trois semaine de Didier dans le plus grand des calmes avec, en prime, un petit shot d’adrénaline. 5) Lui faire une leçon de morale méritocratique : si vous pouvez vous permettre, il n’en serait pas là s’il avait mieux travaillé à l’école dont chacun sait qu’elle est un formidable vecteur d’ascension sociale ! Or, sa condition actuelle démontre en tout point qu’il n’a pas assez bûché sur les 34 théorèmes de son examen de matu et/ou qu’il n’a absolument rien compris de la profondeur des vers de Victor Hugo. Dommage pour lui, si tel était le cas il aurait pu devenir un grand chroniqueur d’opinion dans le Temps. Mieux : directeur des Hôpitaux universitaires de Genève. Le cas échéant, il aurait vu son traitement revalorisé de plus d’un salaire annuel de collaborateur lambda. Pas de chance… Enfin non, ce n’est pas une question de chance mais de travail pardi !
La Rédaction.