Société

Briser le tabou de l’argent, l’Armée sur Tiktok et l’action Crédit Suisse en hausse : c’était la semaine dernière mais c’est ce qui nous permet aujourd’hui d’affirmer que le monde part en biturne (revue de presse #11)

En 2023, nous avons décidé de compiler chaque semaine un florilège non exhaustif mais parfaitement représentatif du monde qui part en biturne… Notre résumé de la semaine dernière.

Lundi – Swiss Money Week : briser le tabou et parler d’argent (État de Vaud – Actualités
La semaine passée était marquée par un grand événement : la Swiss Money Week. Organisée par «des institutions réputées en matière d’expertise financière», comme Caritas, son but était notamment de faire de la prévention en matière de gestion de budget pour éviter l’endettement. Parce qu’il est scientifiquement reconnu que les plus précaires sont les principaux responsables de leur pauvreté, ces blaireaux étant parfaitement incapables de gérer un budget. Contrairement aux personnes instruites et fortunées, comme les banquiers de Credit Suisse par exemple.

Mardi – L’Armée suisse veut se lancer sur TikTok, malgré les soupçons d’espionnage (RTS)
La légende raconte qu’un soir de novembre 2022, un haut-gradé serait entré dans le bureau de Viola Amherd et lui aurait lancé : « Cheffe, les principaux enjeux sécuritaires sont la Chine et les Corées ! » Sans plus attendre, l’intéressée aurait alors fomenté un plan de bataille et, après des mois de réflexion, décidé d’envahir TikTok, une application chinoise que l’on dit réputée pour ses Corées. Aussi se réjouit-on de voir nos canonniers interpréter « Bande organisée » en tirant des obus en rythme, ou la Compagnie des sergent-major chefs de la caserne de Moudon réaliser des chorégraphies sur le dernier single de Billie Eilish. Et puis, lorsque l’Armée réalisera des vidéos sur la plateforme chinoise durant ses vols en F-35 américains, la Suisse pourra se targuer de dispenser ses « bons offices » à toutes les deux.

Mercredi – Guerre en Ukraine : Pourquoi la Suisse préfère détruire des batteries antiaériennes que les livrer à Kiev (CNews)
Parce qu’il paraît qu’il est aujourd’hui de bon ton de mettre à l’honneur les médias d’extrême-droite, nous intégrons cette semaine une production Bolloré dans notre revue de presse. Laquelle réussit notamment l’exploit de placer « Napoléon » dans un article consacré à la Suisse et à la guerre en Ukraine. Quand on vous dit que ces gens ont du talent. Sur le fond de l’affaire, il est reproché à notre chère Confédération de ne pas livrer des systèmes de défense défaillants à l’Ukraine. Des systèmes anti-missiles aussi poreux que l’Emmental auraient-ils permis à Kiev de remporter la guerre à la raclette ? Pas sûr ! Donc au final, la neutralité, y’a pas vraiment de quoi en faire un fromage.

Jeudi – L’action Credit Suisse termine en hausse de 19%, après le soutien de la BNS (RTS)
Alors que le personnes instruites et fortunées de chez Credit Suisse étaient en train de réserver discrètement leurs billets aller-simple pour les Îles vierges britanniques et l’anonymat, d’autres personnes instruites et fortunées dans les salles de marché estimaient que, globalement, « ça vaaaa, ça a l’air d’aller cette histoire », et faisaient remonter l’action de la banque. Une nouvelle preuve de la pertinence des fines analyses financières de nos concurrents directs : la presse économique. Au classement de la fiabilité – qui peut également s’écrire « foutage de gueule », selon la sensibilité de chacun·e – la Bourse et l’astrologie poursuivent leur chassé-croisé. Au vu des circonstances, la première nommée pourrait dépasser la seconde dans les prochaines semaines

Vendredi – Une des plus grandes sources de Suisse bientôt rachetée par des Chinois ? (Blick)
Après l’Armée, la flotte. Pas la flotte aérienne hein, l’autre ! Celle qui est utile. En effet, la commune valaisanne de Tourtemagne aurait vendu sa source il y a 12 ans à un spéculateur anonyme qui chercherait depuis lors à la refourguer au premier Jésus venu capable de changer l’eau en argent, voire en blé – NDLR : on aurait préféré en (Cer)vin… Et pour la plus grande joie de ceux que réjouit la création d’emplois au détriment des écosystèmes, des investisseurs chinois seraient aujourd’hui sur le coup. Grande nouvelle car : plus d’emploi = plus de pouvoir d’achat ; plus de pouvoir d’achat = plus de bouteilles d’eau suisses vendues par des Chinois dans nos caddies. Le business, au final, ça coule de source ! On attend du reste beaucoup le prochain sketch de Claude-Inga Barbey sur le sujet…

La Rédaction.

One Comment

  1. Mireille Smulders

    Chère Biturne,
    J’adore votre chronique journalière, qui est, la plus part du temps, l’unique moment de joie pour les personnes en situation de handicap, dans ce pays où notre existence se limite à regarder la télé car c’est gratuit ( une vingtaine de chaînes en langues étrangères qui ne nous servent à rien), et/ ou lire FB, par ce que c’est gratuit. Je préfère de loin cette dernière solution, avec l’achat de livres d’occasion.
    Il me semble qu’une petite coquille s’est glissée dans la chronique d’aujourd’hui.
    Vous avez écris, je cite: » le swiss money index » au lieu du  » swiss monkey index »!
    Vous êtes tout à fait pardonés! Ces derniers jours ont été très riches en rebondissement, et même un singe aguéri à nos problemes de République Bananiere n’y retrouverait pas ses petits, tellement il y avait de peaux de bananes sur lesquelles on pouvait facilement glisser, à défaut de skier.
    Mais les lecteurs fidèles, auront corrigés d’eux même ce lapsus, qui ma fois pouvais fonctionner dans les deux sens.
    Grand merci à vous pour vos billet d’actualité, toujours très pertinents, sur l’évolution, enfin dans le cas présent, ce serait plutôt de régression, la Parendenpatz ( à rebaptiser en urgence), ne comptant plus qu’une banque, au lieu de 5, il y a quelques années.
    Encore merci à vous, et surtout ne lâchez rien! Notre gouvernement démocratique tâchera certainement de vous museler en vous mettant à Champ D’ollon, puisque toute critique et révélation d’une  » « affaire bancaire », est passible de 3 ans d’emprisement, dans notre République Bananiere, où la liberte de la presse est aussi bien appliquée que notre neutralité. Courage!

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