Las de n’y rien comprendre en matière d’écologie, le parti libéral-radical a décidé de faire appel à un répétiteur en la personne de Mathieu, un jeune homme de 22 ans sensible aux questions climatiques. Pour ce dernier, « toute leur éducation est à refaire ».
Mathieu, 22 ans, est répétiteur à l’ARA depuis maintenant trois ans. Ce n’est pas faute d’avoir cherché un autre travail. Mais Mathieu étudie aussi à l’Université, plus précisément en faculté des Sciences de la Société, et sa formation ne lui a pas encore laissé le loisir d’une dizaine d’année de stagiariat au terme desquelles il aurait pu briguer, si par chance une place se libérait et que son expérience de larbin était reconnue, une place de caissier à la Migros.
Or, la semaine passée, Matthieu a reçu une demande à tout le moins inhabituelle, sinon complètement étrange. En effet, Mathieu s’est vu proposer de donner des cours intensifs d’écologie à l’intégralité des sections romandes du parti libéral-radical. Particularité de cette offre, elle est très bien rémunérée contrairement aux 31 francs de l’heure qu’il touche habituellement en donnant des cours à des collégiens attardés. Le PLR, en effet, a décidé de ne pas lésiner sur les moyens pour s’attacher les services des meilleurs comme Matthieu. « À 300 balles de l’heure pour leur expliquer des choses simples, je ne me suis pas fait prier pour accepter leur offre ! », raconte ainsi l’étudiant.
Satisfait, donc – eu égards à sa rémunération dont l’indécence frise celle des salariés des cabinets d’audit – de travailler pour un parti politique qu’il abhorre, Mathieu ne mâche cependant pas ses mots vis-à-vis des membres du PLR au sujet desquels il s’était fait une opinion qu’il a pu vérifier en découvrant notamment que Philippe Nantermod (PLR/VS) ne sait pas faire la différence entre une feuille de papier et une feuille verte ; qu’Isabelle Moret (PLR/VD) est totalement incapable de dire si son SUV pollue plus ou moins qu’un vélo de course ; et que Jacques Gerber, le ministre jurassien du parti libéral-radical, ne sait pas épeler le mot « photovoltaïque » et encore moins écrire « hydrolienne », n’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon.
Interviewé par notre Rédaction, Mathieu n’hésite pas à révéler les secrets de sa méthode pour inculquer à ces ânes qui n’ont pas soif le b.a.-ba de l’écologie :
« D’abord, je commence par leur faire répéter une centaine de fois ‘’la planète est en danger à cause du modèle économique que je promeus’’. Ça rentre plutôt bien ! Tenez, l’autre jour, par exemple, j’ai appris qu’un membre du PLR l’avait quitté pour rejoindre les Vert’libéraux… Ce n’est pas encore tout à fait l’équivalent de se coller la main sur le bitume pour revendiquer du Conseil fédéral qu’il isole les bâtiments ou tenir le piquet au milieu du Pont du Mont-Blanc, mais j’y vois tout de même une prise de conscience ! Bref, ensuite, nous abordons des sujets basiques tels que les limites planétaires à ne pas dépasser ou l’impact des activités industrielles sur les différents écosystèmes. Là, je me fais un peu de soucis pour certains d’entre eux car j’en vois beaucoup qui sont complètement largués. Tenez, par exemple, quand j’évoque la mobilité douce, sous quelque forme qu’elle existe, j’entends Christian Lüscher faire des bruits de scooter avec sa bouche. Impossible, alors, de l’arrêter jusqu’à ce qu’il s’étouffe avec sa propre langue et que nous appelions le 144… Enfin, généralement, je leur propose de terminer sur une note positive par des solutions pour limiter sinon stopper le réchauffement climatique. Là, ça coince un peu plus et la plupart décrochent ou se défenestrent quand je leur indique de substituer leur 4X4 à un moyen de déplacement plus écologique. »
Heureusement pour ces pauvres hères que le cours est donné au rez-de-chaussée.
La Rédaction.