L’équipe suisse de foot a été éliminée en quart de finale de l’Euro vendredi par l’Espagne après une séance de pénos d’anthologie à l’occasion de laquelle notre bien-aimée Nati aura su efficacement renouer avec ses fondamentaux. Samedi matin, en Suisse, personne ne cachait sa déception derrière sa gueule de bois. Malgré tout, une fierté demeure : celle d’avoir la défaite bien plus digne que nos voisins français. Mais d’où vient cette capacité toute helvétique à digérer le seum plus rapidement qu’un sandwich Cervelas-Cenovis-Kartoffelnsalat ? Pour vous, nous avons identifié six facteurs-clé qui expliquent cette extraordinaire faculté à se remettre d’une défaite plus rapidement encore que n’importe quel Manuel Valls.
- Le Suisse moyen se faisait peu d’illusion : Un exploit, c’est bien. Deux exploits, c’est trop. Après tout, le Suisse est quelqu’un de raisonnable. Et au final, la Nati reste la Nati. On savait toutes et tous que la Suisse rejouerait bien un jour ou l’autre comme la Suisse : à deux à l’heure. On savait également qu’Embolo finirait la compétition blessé. Que Sommer serait incroyable mais que son génie serait vain en raison des dix autres canards boiteux qui l’accompagnent. Enfin, on savait que le brushing de Sommer resterait incroyable, en vain également. En somme, nous ne nous faisions aucune illusion.
2. Nous avons un bouc émissaire parfait. Et en plus il est anglais : Une fois n’est pas coutume, c’est d’Oliver qu’est venu le twist. Après avoir reçu à la mi-temps un SMS de sa femme qui lui annonçait qu’elle le trompait avec Gianni Infantino, l’arbitre de la rencontre Michael de son prénom a décidé de se défouler sur Remo Freuler en lui intimant l’ordre d’aller ranger le vestiaire avant les autres. Franchement, que la décision soit bonne ou mauvaise, on s’en contrefout, l’existence de ce carton rouge permet à tous les supporters de se trouver une bonne excuse et un ennemi commun. Et donc de ne pas trop en vouloir aux 14 tireurs qui ont raté leur pénalty.
3. Le fameux « Nan mais ils ont fait un bon tournoi : Phrase à prononcer en haussant les épaules, avec un accent vaudois similaire à celui de Guy Parmelin. Bonus : un petit verre de chasselas agrémenté d’un regard dédaigneux sur les centaines de frontaliers qui traversent chaque soir la frontière pour rejoindre leur cité dortoir.
4. RTS Sport : Comment cultiver un seum national lorsque, à peine une trentaine de minutes après que Vargas a repéré une jolie fille tout en haut de la tribune et a décidé de lui offrir un ballon, les journalistes et les consultants de la RTS expliquaient déjà qu’il fallait « voir le positif » et que la Suisse avait au moins « fait un incroyable parcours » ? Et la déception de ne pas jouer une demi-finale dans tout ça ? Bah, c’est pas grave, on a déjà fait mieux que la Macédoine du Nord, c’est déjà bien non ?
5. La Suisse a quand même fermé le clapet de 66 millions d’individus détestables et chauvins : On les a éliminés. Et rien que pour ça…
6. La finale de l’Euro aura lieu le même soir que la finale de Wimbledon : Et à l’heure où on écrit cet article, on a encore deux représentant·e·s suisses dans le tableau, nous.
La Rédaction.