Le candidat UDC au Conseil d’État a récemment été entendu comme témoin dans une affaire de cambriolage de carnotzet en 2020. Celui-ci aurait peut-être, hypothétiquement, sur un malentendu, on n’est pas sûr, giflé à plusieurs reprises – au moyen d’une batte de baseball entourée de fils barbelés – le malfrat qui avait été laissé seul avec lui dans une grange par la maréchaussée.
Les vrais héros ne portent pas de capes mais possèdent vraisemblablement, à des fins dissuasives bien entendu, une batte de baseball appelée Lucile entourée de fils barbelés rouillés et prête à fondre dans le visage de frontaliers pourvu qu’il leur prisse l’idée de cambrioler pour la huitième fois en peu de temps le domaine d’un futur candidat UDC au conseil d’État. C’est en tout cas ce que plaide le vigneron et député Lionel Dugerdil entendu hier matin comme témoin par la police cantonale dont des agents sont poursuivis pour cette scène digne du Parrain qui n’a pourtant eu lieu qu’au domaine Clos du Château, dans la paisible bourgade de Choully, à Genève ; endroit où la seule évocation du syntagme formé par les mots « parti » et « socialiste » déclenche immédiatement des éruptions cutanées à ceux qui l’entendent.
Cette nuit-là, quatre cambrioleurs s’introduisent dans le carnotzet des Dugerdil qui, conséquemment, font appel à la maréchaussée, laquelle intervient et en interpelle un – c’est toujours mieux que rien. Conformément à la procédure, celle-ci aurait alors pu le conduire à l’arrière d’une voiture de fonction et l’emmener au poste pour le laisser à libre disposition de la Justice. Il n’en fut rien. À la place, les agents se dirigent et traînent avec eux le malfrat vers une grange que Lionel Dugerdil a aménagé en tripot clandestin. « Pas là bande de c%*s !!! », leur crie le député UDC dont la familiarité avec les condés laisse supposer qu’ils sont pour lui tout sauf de parfaits inconnus. « Conduisez-le plutôt dans la grange où je range Lucile ! », leur intime alors le vigneron. Les agents savent exactement quoi faire. Cahin-caha – car il fait son poids quand même – ils tirent le cambrioleur jusqu’à une autre grange, plus rustique, précisément celle dans laquelle Lionel range les outils qu’il entrepose à l’usage des individus ne possédant ni passeport ni carte d’identité suisse. « Laissez-moi quelques minutes avec lui, allez faire un tour, pourquoi pas dans la première grange, c’est pour moi ! », déclare l’élu.
La suite, on la connaît : Lionel Dugerdil discute tranquillement avec le cambrioleur. Pour cela, il le met d’abord à l’aise en lui proposant un rafraîchissement ainsi que de s’installer dans un siège qu’il agrémente d’un coussin. S’ensuit un échange des plus courtois entre deux individus majeurs et vaccinés. En aucun cas alors, contrairement à l’hypothèse qui a été faite par l’inspection générale des polices, Lionel Dugerdil perd son calme, gifle à plusieurs reprises son vis-à-vis et se munit d’une batte de baseball entourée de fils barbelés rouillés pour le frapper au visage jusqu’à ce que celui-ci perde connaissance qu’il reprendra à l’Hôpital cantonal. Eh non, parce que Lionel Dugerdil est une belle personne qui ne ferait même pas de mal à une mouche tellement il est beau il est gentil <3.
La Rédaction.