Les vrais héros ne portent pas de capes mais du matériel de randonnée.
A l’approche du scrutin sur les « multinationales responsables », ces dernières se mobilisent pour montrer qu’elles œuvrent non seulement pour le profit mais aussi pour le bien commun. Or, en matière de logement, leur responsabilité consiste, à bien des égards, à dissimuler la précarité afin que les gens qui visitent les grandes villes n’aient pas à souffrir la vue d’un « moins de dix », c’est-à-dire une personne dont la rémunération mensuelle ne dépasse pas les dix mille francs bruts.
Ainsi, la firme Quechua propose de faire son « devoir » et sa « part sociale » en offrant des tentes invendues à tous les gens précaires qui le souhaiteraient et plus particulièrement à ceux qui dorment dehors, sous les ponts ou devant les banques – dont on aimerait qu’elles demeurent des espaces de vies fictives et non pas le théâtre ni l’autel de la précarité.
Le conseil d’État a d’ores et déjà salué le geste et remercié la firme en lui accordant un nouveau forfait fiscal. Il salue le « volontarisme » de cette dernière qui n’a pas eu besoin de faire face au « couperet » pour agir.
La Rédaction.