Genève

Christian Lüscher prétend privatiser la place de scooter devant chez lui

Le politique a fait mettre un grillage surplombé de fils barbelés et portant l’inscription « propriété privée – accès interdit, réservé à Christian » autour de la place de scooter qu’il occupe habituellement en bas de son domicile. La commune a constaté l’illégalité de cette installation. Elle précise néanmoins qu’il en va de la discrétion du conseiller national s’il souhaite payer quelqu’un pour s’y stationner durant ses déplacements et lui laisser la place quand il revient. 

Il n’y a pas que les vieilles dames qui ont la fâcheuse tendance de privatiser des trucs aux abords de leur domicile. Le conseiller national Christian Lüscher vient également de s’illustrer dans la pratique de cette discipline quasi olympique chez les CSP+. En effet, excédé par l’occupation régulière de la place de scooter sur laquelle il a l’habitude de se parquer, le soir, en rentrant du boulot, le libéral-radical vient d’y installer une barrière surplombée de barbelées et munie d’un panneau intimant au tout-venant de stationner ailleurs, tout en lui rappelant au bon souvenir que, s’il n’est pas content, c’est la même chose. 

« Cela fait des années que je m’y mets et qu’une certaine cordialité s’est installée entre les gens du quartier », explique Christian. « D’entente avec les autres propriétaires, mon voisin P… s’est, par exemple, arrogé le droit de parquer son SUV sur le trottoir, S… gare son hélico’ sur le toit de l’immeuble, tandis que j’ai obtenu l’usage exclusif de cette place de scooter. Tout est réglé comme du papier à musique… ! Or, depuis peu, des petits jeunes avec leurs T-Max et leurs pots d’échappement excessivement bruyants ont commencé à me piquer ma place ! », ajoute-t-il. « J’ai bien essayé de discuter avec eux, de leur démontrer que l’usage régulier que j’en ai fait force d’acquisition à titre personnel, mais ces sauvages n’ont rien voulu entendre ! Alors j’ai fait ce que je sais faire le mieux : j’ai privatisé. »

Un acte qui aurait pu passer inaperçu si Christian n’avait pas également doté sa grille d’une alarme extrêmement bruyante – dégoisant des noms d’oiseaux préenregistrés par ce dernier – qui a provoqué l’irritation de son voisinage et alerté la commune. Contactée par notre stagiaire, celle-ci déclare n’avoir jamais délivré aucune autorisation ni aucune concession au conseiller national pour cette place de scooter. S’agissant, d’ailleurs, de ce type d’infrastructures publiques, « nul n’est censé s’en attribuer la jouissance exclusive », détaille l’administration. « Ce qu’il peut faire, à la limite, c’est payer quelqu’un pour s’y stationner quand il s’absente et reprendre la place le soir venu », conseille le secrétaire général de la commune. Lequel conclut : « ça ferait sans aucun doute de lui le roi des égoïstes ! Néanmoins, je crois qu’il a déjà endossé ce rôle depuis des années et qu’il assume entièrement. »

La Rédaction. 

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