Politique

Ignazio Cassis à l’assurance après un tragique accident de pierre d’Unspunnen

Le président de la Confédération s’est blessé, dimanche, alors qu’il prenait part, contre l’avis de plusieurs médecins et spécialistes le jugeant « bien trop frêle » voire carrément « cachectique », à l’épreuve de lancer de pierre d’Unspunnen. Ses jours ne sont pas en danger, il aurait cependant d’ores et déjà transmis un certificat d’incapacité de travail réalisé par un médecin complaisant à la Chancellerie fédérale et devrait se mettre à l’assurance jusqu’aux prochaines élections. 

Les plus malicieux de nos lecteurs y verront sans doute une coïncidence avec la cote de popularité du conseiller fédéral. Nous n’y voyons qu’un malheureux accident. Car la vie est ainsi faite d’aléas, d’imprévisibles et c’est d’ailleurs ce qui fait sa substance, sa magie et sa joie. Une joie qui ne se lisait pas sur le visage d’Ignazio Cassis, ce dimanche, après que celui-ci s’est fendu quinze côtes, déchiré les ischio-jambiers, brisé la mâchoire, cogné le nerf ulnaire* dans un coin de table et écrabouillé le pied en essayant de soulever une pierre d’Unspunnen pour la lancer le plus loin possible.

C’est Alain Berset qui, plus tôt dans la journée, avait défié son collègue du Conseil fédéral : « Je parie que t’es trop keus pour porter une pierre d’Unspunnen Ignace ! », avait-il lancé. Déclaration à laquelle celui que l’on surnomme volontiers, dans ses propres bureaux, le « petit nerveux » du Conseil fédéral avait répondu en fanfaronnant, arguant du fait que malgré ses soixante kilos tout mouillé et sa goutte, il pouvait largement soulever et la mère d’Alain et la pierre tout en levant le bras droit à quarante-cinq degrés depuis un cabriolet d’époque construit dans les années trente. 

« Dans un premier temps, il faisait carrément le malin ! », explique sa camarade de parti Karin Keller-Sutter. « Sauf que, l’épreuve arrivant, Ignazio a commencé à appréhender le moment où il aurait à soulever les 83,5 kilos de la pierre », ajoute-t-elle. « Alors il est parti se cacher quelque part. Heureusement, quelques minutes avant le début de l’épreuve, un spectateur qui faisait ses besoins entre deux bennes à ordure lui a uriné sur le visage. Aussi improbable que cela puisse paraître, il gisait là en position latérale de sécurité, tremblant de tout son corps et refusant de bouger, mobilisant des techniques de zadistes pour se faire le plus lourd possible quand les forces de l’ordre tentaient de le soulever et de le jeter, l’ayant pris pour un poivrot, en dehors du périmètre de la Fête fédéral. Je me demande d’ailleurs où il a appris ça ? Bref, toujours est-il que Benjamin Gapany est arrivé à la rescousse et l’a porté jusqu’à la base de départ où ce qui devait arriver arriva… », conclut-elle.

Et ce qui devait arriver, c’est un terrible accident de pierre d’Unspunnen qui, alors que le président parvint péniblement à la décoller du sol, vint s’écraser sur son pied droit quelques instants après que son poids a déchiré la quasi-totalité des muscles, s’il en est, et qu’elle s’échappât de ses doigts débiles. S’ensuivit un cri strident pareil à celui d’un gamin tentant d’échapper à Ça, puis plus rien, le silence complet, car le conseiller fédéral, tandis que la foule restait coite – sauf Alain Berset qui alors ricanait – tomba dans les pommes et ne se réveilla qu’une fois à l’hôpital de Berne aussi bandé qu’un pharaon la veille de son inhumation. Dans le mal, celui-ci trouva néanmoins le temps de faire travailler un stagiaire et un médecin complaisant. Le premier lui rédigea une lettre solennelle à l’endroit de la population qui dit à peu près ceci : « J’y serai arrivé si les conditions météo avaient été meilleures » ; le second lui écrivit un certificat médical de complaisance pour qu’il demeure à l’assurance, le temps que les railleries qui commencent déjà à poindre sur les réseaux sociaux se calment et qu’il retrouve l’usage de son pied pour pouvoir l’enfiler dans le derrière des stagiaires qu’il juge trop dilettantes. C’est ainsi que se termine la rude journée d’Ignazio Cassis.

NDLR : On attend toujours la réaction de Philippe Nantermod concernant le certificat médical de complaisance son conseiller fédéral.

La Rédaction. 

*Pour les plus racistes, traduisez « le petit juif »

Crédit photo : Par Pakeha — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=62026016

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