Suisse

Avec 0.8°C, La Brévine enregistre sa plus haute température depuis le paléolithique

Pour la première fois depuis des temps immémoriaux, la température est passée au-dessus de 0°C ce week-end dans l’arrière-pays des Montagnes neuchâteloises. Si les Vert-e-s crient au cataclysme, le PLR dénonce un canular tandis que l’UDC blâme un restaurant érythréen qui aurait cuisiné des plats trop chauds.

Un soleil timide dont certains rayons parviennent péniblement à traverser une fine couche de brouillard. Une ambiance calme, voire trop calme, lorsque l’on parcourt la longue route quasi déserte qui relie la boulangerie et la fromagerie du village. Tel est habituellement le décor de La Brévine (NE), à quelques pas de la frontière française mais à plusieurs kilomètres de toute civilisation. Or, les thermomètres exposés plusieurs heures durant, ce dimanche en plein milieu d’après-midi, pouvaient laisser penser le contraire. De même, l’agitation déclenchée par ces derniers qui, pour la première fois depuis le paléolithique, affichaient des températures positives, laissait alors présager un début de panique au sein de la population. Le calme se rétablit toutefois inexorablement, comme à chaque fois tandis que, le lendemain, des vérifications de MétéoSuisse vinrent confirmer ces mesures amatrices : il avait bien fait un maximum de 0,8°C ce week-end à La Brévine. Du jamais vu, selon les experts.

Après un tel événement – d’ampleur comparable, selon certains, à la tempête qui a frappé La Chaux-de-Fonds l’été dernier –, les réactions politiques ne se firent pas attendre. Jamais les derniers quand il s’agit de commenter à chaud l’actualité, les Vert-e-s accusèrent immédiatement le réchauffement climatique en omettant toutefois de donner une définition du verbe « réchauffer », ce qui fit naître plusieurs scènes d’incompréhension et éclater des échauffourées dans les bistros de la localité neuchâteloise.

Du côté des partis bourgeois, le scepticisme fut la règle et prédomine encore : Le Centre brévinier compte ainsi lancer un audit pour évaluer la conformité des thermomètres du village. « On est à peine une semaine après le 1er avril, il est possible que ça soit une blague arrivée un peu tard. On a l’habitude de ça ici », expose un élu communal.

Côté du PLR, c’est la thèse du canular qui l’emporte. « J’y vois clairement une tentative de déstabiliser l’économie de la région en laissant craindre un changement des conditions-cadres », a ainsi lancé le président de la section. « Une hausse des températures signifierait une augmentation des pauses durant le travail pour s’hydrater, ce qui est absolument impensable », a-t-il ensuite ajouté.

À l’UDC, on rappelle enfin qu’un restaurant érythréen a récemment ouvert ses portes « à quelques centaines de mètres à peine » de l’Hôtel de ville, où sont mesurées les températures officielles. « Le restaurant est du reste tenu par une famille en situation parfaitement régulière », s’est aventuré un communicant du parti sous couvert d’anonymat. « Il nous semble donc évident que cela les pousse à prendre leurs aises, à faire comme chez eux, et, cela étant, à cuisiner leurs menus à des températures bien trop élevées », a-t-il poursuivi, précisant à toutes fins utiles qu’il n’est « pas raciste » car il « consomme régulièrement dans leur établissement » malgré « qu’on y mange une nourriture quand même un peu épicée. A fortiori avec les doigts. » 

Toute la lumière reste ainsi à faire sur cette histoire de températures trop élevées pour le microclimat sibérien de La Brévine. En attendant les véritables conclusions des scientifiques faudra-t-il néanmoins se contenter de la logorrhée politicienne car c’est ainsi que les choses vont et iront à jamais au pays de Guillaume Tell. 

La Rédaction.

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