Politique

Bonne nouvelle, Marco Chiesa a été rattrapé par le service de sécurité du sanatorium dont il s’est échappé plus tôt dans la journée

Le forcené aura passé sa journée à insulter, les uns après les autres, tous les politiciens de gauche qu’il connaît ainsi que les citoyen-ne-s qui habitent en ville. 

« Qui c’est qui a laissé la porte ouverte ?! », a lancé ce matin le médecin chef de l’unité Délires et Élucubrations du sanatorium de Klichberg, en Argovie, s’apercevant de la disparition d’un patient qu’ils connaissent bien, Marco Chiesa, vraisemblablement parti courir les edelweiss sous d’autres latitudes helvétiques. Le patron de l’UDC avait en effet été interné de manière préventive un peu plus tôt dans la semaine, l’approche du premier août le mettant généralement dans tous ses états. Objectif : éviter qu’il ne reproduise sa performance de l’année dernière, à savoir un saut à l’élastique réalisé dans le plus simple appareil où l’on peut apercevoir une croix suisse peinte à la bombe sur ses bijoux de famille. En fin de matinée, tout l’institut est en état d’alerte. Les moindres recoins de l’asile sont fouillés, mais personne ne parvient à le retrouver.

Dans l’après-midi, une honnête citoyenne signale « un type vêtu d’une chemise d’hôpital, coiffé d’un entonnoir et muni d’une brosse à dents qu’il agite dans tous les sens en direction des passants, lesquels accélèrent le pas » dans le village de Rüschlikon, non loin du lieu duquel s’est échappé Marco Chiesa. Le service de sécurité de l’institut de bien-être cérébral fait alors une descente dans la petite ville. Mais la trace du déglingo se perd alors que les chiens reniflent les restes d’une saucisse au chou abandonnée sur le pavé. Chou blanc, donc, retour au sanatorium.

Aux alentours de 20h, la traque reprend alors qu’il se connecte sur son compte Twitter depuis un cybercafé situé dans un village au nom bien trop compliqué pour être retenu par notre stagiaire dyslexique. Il publie une diatribe qu’il a vraisemblablement écrit avec son pot de pêche ou qui lui a été dictée par l’Amicale d’ancien nazis dont il fait partie : 

Toujours est-il que, les surveillants du sanatorium, prévenus, déboulent comme des CRS à une manifestation de gilets jaunes. Ils sont armés jusqu’aux bas-résilles et encerclent le petit bâtiment où se situe Marco derrière le clavier de son ordinateur. Les autres clients sont invités à sortir par un type qui braille dans un mégaphone. Ils sont petit à petit évacués tandis que Marco, qui n’a pas encore fini d’insulter tous les politiciens de gauche qu’il connaît, se barricade. C’est le premier août et le premier août, le respect se perd. Le premier août, notre Rédaction pourrait affirmer que Marco Chiesa est un troll des cavernes xénophobe sans doute misogyne doté du quotient intellectuel d’une mouche analphabète. Mais notre Rédaction ne le fera pas parce qu’elle possède quelque chose dont il est dépourvu : un minimum de classe.  

Finalement, Marco Chiesa sortira du bâtiment les yeux dégoulinants après avoir été gazé par une demi-douzaine de grenades lacrymogènes. Une camisole lui sera enfilée de force après qu’il a essayé de mordre le médecin qui lui injectait une dose chevaline de tranquillisant. 

Le bon air frais de la campagne, Marco, bien qu’il soit désormais plus pur que celui de la ville, n’empêche ni de penser ni d’agir comme au Moyen Âge.

La Rédaction. 

Illustration : “The Insane Asylum” by darkday. is licensed under CC BY 2.0

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