Genève

Fabienne Fischer : « Il n’y a aucune raison que les chauffeurs de taxis soient moins précaires que les chauffeurs Uber ! »

Le canton de Genève souhaite plafonner les courses de taxi au départ de l’aéroport. Interviewée hier par télépathie, la conseillère d’État en charge du dossier, Fabienne Fischer, a expliqué à notre stagiaire que cette décision était avant tout liée « à sa profonde envie d’égaliser les conditions d’emploi des travailleurs précaires ».

Halte aux prix exorbitants des taxis genevois ! Le canton veut tout faire pour éviter aux honnêtes touristes et autres personnalités d’affaires arrivant à l’aéroport de voir leur pouvoir d’achat – déjà ridiculement bas ! – scandaleusement amoindri par le prix du trajet vers leur hôtel de luxe outre-rade. Il a donc décidé de plafonner le prix des courses au départ de Cointrin.

Car, outre la pression incessante sur leurs affaires, ces gens seraient déjà victimes de fortes discriminations durant leur séjour à Genève. Du moins c’est ce qu’affirment les nombreux spécialistes interrogés directement sur Twitter par le Conseil d’État : « On est trois fois plus abordés dans la rue par des mendiants qui nous réclament de la monnaie ! #StopAuHarcèlement», illustre ainsi @giorgio_business. « Quand je vois tous ces bus qui bénéficient de lignes spéciales pour dépasser ma Mercedes, j’ai envie de vomir », explique pour sa part @Edgar_delaPlatte.

Pour Fabienne Fischer, ministre en charge du dossier, c’est pourtant l’égalité entre acteurs précaires de la mobilité genevoise qui se joue ici. « Actuellement, un chauffeur Uber touche à peine une vingtaine de francs pour une course Aéroport-Kempinski, et, en raison du système de notation, il n’a même pas le droit de traiter ses clients de gros bourgeois », explique-t-elle. « L’idée, c’est donc de rétablir l’équilibre. Car il n’y a aucune raison que les chauffeurs de taxis soient les seuls autorisés à insulter leurs clients ! Après tout, ils pratiquent le même métier ! »

La conseillère d’État d’ajouter : « je ne veux pas qu’on puisse dire que, dans mon canton, ma ville, ma bataille, certains travailleurs bénéficient d’une meilleure précarité que les autres ! ». À ce sujet, elle promet également de combattre les inégalités liées à l’accès aux magasins bio : « car là aussi, les portes des boutiques fair-trade destinées à sauver sa conscience ne doivent pas s’ouvrir à certains prolétaires plus qu’à d’autres ! », détaille-t-elle.

Ainsi donc, le trajet Aéroport-Gare sera plafonné à 20 francs. Soit encore quinze de plus que le même trajet réalisé en train, en première classe. « Ce plafonnement redonnera évidemment un peu d’attractivité au taxi par rapport aux CFF. Toutefois, il était important de ne pas trop tirer les prix vers le bas. En effet, il est capital de garder cette image indigente du train, comme un moyen de transport exclusivement réservé aux prolos’, ou aux étudiants », justifie Fabienne Fischer avant de conclure : « il en va de l’image de marque que souhaitent se donner les CFF ! »

La Rédaction. 

Illustration : “ZR place Cornavin avec marquage 11” by RdA-CH is marked with CC BY 2.0.

One Comment

  1. Pourquoi ne pas baisser les salaires des conseillers d’Etat si on parle des droits humains et le droit de vivre dignement pour ne pas lutter contre la précarité des chauffeurs UBER et taxi, pour quelle raison on baissera les prix des courses sachant que le prix de l’essence flambe, les loyers et toutes autres charges plus les amendes, la conseillère d’Etat est contente quand son salaire augmente de 50000 frs par année et elle vient parler de la précarité !!! C une humiliation d’abord à vous de décider un plafonnement des prix de courses sans tenir compte de l’avis des milieux professionnels des taxis. Une discrimination car vous savez que la plus part des chauffeurs issus de l’immigration et ce n’est pas tout les chauffeurs traitant les clients des vieux bourgeois, en fin quand on veux tuer son chien on dit qu’il a la rage…

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