Culture

La ville de Genève veut empaqueter le jet d’eau

Le « Jet d’Eau Wrapped », par Christo et Jeanne-Claude, verra le jour en 2024.

Le projet
Que l’on soit un piètre critique ou un fin adorateur de l’œuvre de Christo et de sa femme Jeanne-Claude, il n’aura pas échappé à notre esprit critique que l’Arc de Triomphe est en ce moment-même emballé – pas sentimentalement, mais littéralement – dans plus de 25’000 mètres carrés de tissus bleu argenté comme pour rappeler les tuniques des soldats tombés sous le drapeau après s’être emmêlés les pinceaux dans la gadoue des tranchées. Une performance artistique sans précédent depuis le Pont-Neuf, lui-même emballé en 1985, qui suscite à la fois dégoût, amour, passion, rejet, haine mais également l’étonnement des touristes asiatiques chez qui l’art est, à l’instar des mots « Tibet Libre », « Démocratie » et « Vive l’indépendance de Taïwan », probablement interdit. 

À Genève, branle-bas de combat
Sous les sunlights des tropiques genevois, l’œuvre d’art fait la quasi-unanimité des conseillers administratifs et suscite l’admiration de presque tout l’aréopage étatique. Ainsi, pour valoriser le principal monument possédé par la ville, sont-ils entrés en contact avec la fondation qui gère l’héritage du couple décédé. Leur objectif : ni plus ni moins que de parvenir à emballer le jet d’eau qui, peut-être, emballera dès lors des Genevois épuisés par la petite buse qui jaillit des entrailles de la terre – tout comme les damnés – sans jamais s’accompagner du lancement, ça, d’un opposant politique, là, de quelques criminels étrangers dont ou souhaiterait économiser le billet de retour en charter.

Un chantier pharaonique
Maire de Genève, l’écologiste Frédérique Perler table sur un emballage dès 2024. En effet, ne souhaitant pas recourir à des moyens de transports polluants, les 12’400 mètres carrés de bâches en PVC fabriquées en Chine spécialement pour le projet devraient parcourir la distance Wuhan-Genève grâce à des étudiants-e-s de la faculté de géographie engagés sous contrat de stage pour étudier la topographie des lieux sur le chemin qu’ils effectueront en tricycles pour enfants. « On a minimisé les coûts pour le contribuable », se félicite la Maire. « La production chinoise dans une entreprise labellisée ‘’pas de travail d’enfants en-dessous de huit ans’’ et le recours à un mode de transport non-polluant nous garantissent une empreinte carbone totalement neutre ! ». D’ajouter : « Une fois sur place, le tout sera non pas installé par des hélicoptères mus aux énergies fossiles mais par des ‘’cycloptères’’, une invention géniale que j’ai soumis à l’EPFL et à Joe Biden lorsqu’il est venu me dire coucou sur le tarmac de l’aéroport de Genève ! ». 

Image de synthèse d’un touriste chinois en train de photographier le jet d’eau emballé en 2024.

Une tentative de cancel la culture genevoise ?
Interrogé parmi une assemblée de vieux mâles blancs en costumes gris sur le plateau d’Infrarouge, Christian – cricri –  Lüscher de déclarer : « À Genève, la culture ne court pas les rues ! En effet la culture ne court pas puisqu’elle n’a pas de jambes ! », lequel ajoute : « Et là on voudrait faire disparaître un monument qui fait la grandeur de notre Genève Internationale ?! On voudrait me faire croire qu’emballer notre magnifique geyser est une bonne idée ?! En plus, qui va payer ? Personnellement, je ne mets pas un centime de mes impôts sur cette abomination ! Et puis les PME vont encore devoir mettre la main à la poche ! Vous avez pensé à ceux qui produisent et qui vont financer ce projet ? Non ?! Ça tombe bien moi non plus ! En revanche, si je dois couper dans ma quantité de mojito pour financer une telle absurdité, je déménage fiscalement dans le canton de Schwytz ! ». 

La Rédaction. 

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