Sports

Les proches des participants se disent « soulagés » de ne plus avoir à entendre parler de la Course de l’Escalade jusqu’à l’année prochaine

Ça y est, pour environ 25’000 Genevois férus de course à pied, c’est le jour J. Un jour qu’ils attendent aussi impatiemment qu’un enfant attend Noël, provoquant parfois l’irritation de leurs proches et la séparation annuelle de nombreux couples chez qui l’un « n’en peut plus » d’entendre l’autre répéter que son objectif est de « descendre en-dessous des 30 [minutes]» alors qu’il s’enfile un à deux McDo par semaine. 

Durant toute la journée, à intervalle régulière, plusieurs milliers de joggeurs du dimanche s’élanceront ainsi au départ de la rue de la Croix-Rouge sous les rires et les acclamations de leurs proches venus s’assurer qu’ils ne « claquent pas » au milieu de la course et, au besoin, leur prodiguer les premiers secours. Le médecin cantonal Aglaé Tardin avait, à cet égard, appelé tous les pratiquants occasionnels du running à s’abstenir de participer à la 43e édition de la Course de l’Escalade afin de ne pas engorger les hôpitaux de cas inutiles découlant d’une mauvaise préparation physique ou d’une surestimation de ses capacités sportives. 

Au reste, pour bon nombre des proches des coureurs, le départ de la course a le goût de la délivrance. « Fini les stories Instagram de merde ! », s’écrie Sandrine en ajoutant qu’elle était à deux doigts de quitter le réseau social à cause de ses amis qui repostent leurs temps réalisés sur l’application Strava. « Chaque année, c’est la même ! Entre octobre et décembre, je ne peux plus scroller tranquillement sans avoir à souffrir des #Motivation #Running ou #BetterSelf », ajoute-t-elle visiblement au bout du rouleau. « Moi ce qui me gêne le plus », déclare Thomas, « c’est les photo finish de mes amis qui on fait des temps claqués au sol mais qui sont quand même fiers d’eux… ». « Je pense que ce comportement est lié à l’esprit socialo-marxiste qui prédomine à Genève et qui promeut la médiocrité et la moyennisation… », analyse-t-il. 

Les autorités n’ont pas caché leurs préoccupations au sujet du malaise croissant provoqué par le nombre incommensurable de publications liées à la Course de l’Escalade. « L’année prochaine », commente Thierry Apothéloz, conseiller d’État en charge des sports, nous décréterons l’interdiction totale de publier du contenu en rapport avec la Course, respectivement deux et trois mois avant et après celle-ci ! ». « L’idée, c’est de diminuer drastiquement la pollution visuelle à laquelle les citoyens genevois sont confrontés à cette période de l’année. En effet, avec Noël, il y a déjà largement de quoi se tirer une balle », conclut-il.

La Rédaction.

Illustration : “Course de l’Escalade 2011 // Geneva” by davidpc_ is licensed under CC BY-NC-SA 2.0

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