Genève

Manifestation anti-Biya – Les activistes réclamaient simplement un peu d’argent pour s’offrir un voyage dans l’espace avec Jeff Bezos

Parmi les résidents suisses, seuls Paul Biya et Christoph Blocher seraient en mesure de visiter le vide intersidéral. Le second a affirmé « ne pas être intéressé » puisqu’il le connaît déjà très bien. 

« Une préparation millimétrée et militaire », selon la NZZ am Bullshitstags. « Un acte terroriste à même le sol helvétique », selon l’Amicale des Dictateurs Africains. Les blâmes vont bon train à l’encontre des activistes anti-Biya, accusés notamment d’avoir voulu perpétrer l’assassinat d’un « honnête contribuable fiscal et d’un consommateur effréné de produits suisses qui, à lui seul, représente environ 2% du PIB de la Confédération ».

Pour rappel, Paul Biya a inventé une toute nouvelle forme de gestion de son pays : la « Gouvernance Wifi », dont les trois grands principes sont les suivants :

  • Depuis ton pays, tu ne gouverneras point ! Non, tu préféreras le faire depuis une suite à l’hôtel Intercontinental de Genève. Après tout, on y est bien mieux traité et la discrétion du directeur est sans égal.  
  • Dans de longs séjours à l’étranger tu feras ! durant lesquels tu auras bien le droit de t’offrir quelques Breitling et récompenser ta femme de quelques sacs LVMH !
  • Jamais le pouvoir au peuple tu ne rendras ! À l’instar de Jean-Luc Mélanchon, la personne de Paul Biya est sacrée, car il n’est non pas parlementaire mais président de la république démocratique du Cameroun. 

Des rumeurs circulent également selon lesquelles Paul Biya aurait entamé une procédure de naturalisation pour obtenir le passeport rouge à croix blanche. Aux niveaux communal et cantonal, la demande aurait d’ores et déjà été acceptée puisque celui-ci est, avons-nous entendu dans des couloirs sombres aux murs trop fins, un proche de Pierre Maudet. C’est au niveau fédéral que la demande a été rangée sous une pile de noms à prononciation moins exotique comme Schneeberger, Müller ou Rotenbürst et qu’elle devrait encore pendre entre cinq à dix ans ; à moins que Paul ne se fasse des amis au Secrétariat d’État aux migrations.

Or, pour en revenir à nos moutons qui ne demandent qu’à être tondus – c’est dire à quel point ils ont chaud ! C’est la canicule ici ! – vendredi, vers 15 heures, des hordes de « sauvages » et de « zoulous » débarqués non pas de tanks amphibies comme les alliés sur la plage d’Omaha en 44, ces « zouaves », tels qu’ils ont été qualifiés par la police cantonale présente sur les lieux pour contenir leurs assauts, ont essayé d’attenter à la vie de leur président et de lui dérober la richesse qu’il a légitimement acquis en éliminant brillamment toute opposition politique. 

Une enquête approfondie de notre stagiaire en séjour linguistique EF à Yaoundé révélera, quelques heures seulement après que les autorités genevoises ont repoussé les assaillants, les motivations de ces derniers. Mus par une irréfrénable jalousie, la diaspora camerounaise et sa main armée, la Brigade anti-sardinards se seraient dépêchés aux abords de l’Intercontinental pour demander eux-aussi le droit de partir dans l’espace aux côtés de Jeff Bezos. Malheureusement, la président n’a pu accéder à leur demande puisqu’il avait, plus tôt dans la matinée, dépensé l’équivalent du PIB de son pays sur dix ans en immondes ceintures Dior et montres Rolex vingt-quatre carats. Les militants qui n’ont pas encore été arrêtés et condamnés à dix mille jours-amende pour « trouble de la quiétude helvétique », seraient ainsi partis en direction de Zurich où ils comptent bien revendiquer la même chose auprès de Christoph Blocher, lequel s’est déclaré ouvertement défavorable à la conquête du vide intersidéral puisqu’il le fait déjà très bien dans sa tête et sans avoir à dépenser le moindre copeck. 

La Rédaction. 

Illustration : “Paul Biya greets” by 10b travelling / Carsten ten Brink is licensed under CC BY-NC-ND 2.0

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