Genève

Migros propose aux employés-étudiants d’être rémunéré en invendus de bière

Une étude concernant les habitudes alimentaires des jeunes clients du géant orange démontre que ces derniers se nourrissent essentiellement de bière. Cela tombe à pic : Migros doit écouler ses stocks et réduire sa masse salariale. 

Ils sont environ 300, comme autrefois les Spartiates lorsqu’ils affrontèrent les Perses aux Thermopyles, sauf que, à la différence des seconds, les employés-étudiants de la Migros ne possèdent ni boucliers ni dagues pour se défendre contre la menace qui plane sur eux. Or, cette menace, quelle est-elle ? C’est celle du licenciement, bien sûr, qui est aux XXIe siècle ce que la fuite sur le champ de bataille est à l’Antiquité : le pire des déshonneurs. Et pourtant, c’est ce qui pend aux nez de nos chers futurs chômeurs aux diplômes dévalués s’ils refusent les nouvelles conditions de travail que le DRH de Migros Genève a concocté pour eux depuis sa tour d’ivoire, sinon son transatlantique, déplié sur une plage à Ibiza. 

En effet, les 323 employés-étudiants du géant orange genevois ont reçu le 11 juin dernier leur lettre de « congé-modification » qui leur impose de toutes nouvelles conditions de travail parmi lesquelles celle d’être rémunérés à l’aide des 5’000 tonnes de bières Migros invendues… Puisqu’elles ne seront jamais mises en vente. Cheh, Migros… « Nous devons nous séparer de cette marchandise qui prend une place folle aux côtés des travailleurs clandestins qui dorment dans nos chambres froides », explique son responsable genevois. « Cette ‘’flexibilisation’’ de nos employés-étudiants tombe à pic ! », ajoute ce dernier. 

Selon une étude réalisée par la Migros elle-même, les étudiants, a fortiori lorsqu’ils sont rémunérés au salaire minimum, consomment une « chiée » de bières. La plupart d’entre eux n’ayant pas les moyens de s’offrir sinon un repas décent du moins un bout de pain ne consommerait même que ça, précise l’étude. « De fait, il était de notre devoir de leur offrir la possibilité d’écouler notre stock », précise le DRH genevois. « Coïncidence, nous souhaitions économiser sur la masse salariale de nos travailleurs précaires ! On peut donc dire que ça tombe à pic ! », se réjouit ce dernier. 

Les employés-étudiants ont jusqu’au 1e juillet pour décider s’ils acceptent la modification de leur mode de rémunération ou s’ils préfèrent finir à la rue. Les connaissant, ces derniers choisiront sans doute l’option qui, c’est bien connu, a toujours été la leur : tirer au flanc. 

La Rédaction. 

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