Politique

Pour se faire bien voir, la Suisse propose d’acheter un sous-marin à la France

Le sous-marin sera stationné à la Nautique. Il pourra être loué à des particuliers et servira sinon d’attraction pour les touristes chinois désireux de s’initier à l’espionnage industriel. 

La France, même esseulée, pourra toujours compter sur son fidèle allié non pas soviétique mais helvétique. En effet, humiliée récemment par la dénonciation subite d’un contrat record de 56 milliards d’euros avec l’Australie, celle-ci s’est fâchée toute rouge en promettant des représailles économiques d’une ampleur sans précédent dirigées à l’encontre des traîtres américains, anglais et australiens qui ont ourdi ce complot dans son dos tout en faisant mine de lui manger dans la main. 

Ainsi, par exemple, tous les ressortissants américains, anglais ou australiens présents sur le sol français seront tondus. Ils bénéficieront néanmoins d’une période transitoire de deux mois où possibilité leur sera offerte de prendre la tendeuse par eux-mêmes pour réaffirmer leur attachement profond aux valeurs de la République. Passé ce délai, ils pourront être pourchassés et victimes « d’accidents » orchestrés par les forces de l’ordre. 

Or, dans sa traversée du désert, la France pourra compter sur son allié de toujours : la Suisse. Le petit pays d’environ 8 millions d’habitants s’est en effet unanimement déclaré favorable à l’achat d’un sous-marin « en témoignage de l’amitié franco-suisse et de la collaboration des deux nations avec l’Allemagne », ceci à l’issu d’une votation populaire regroupant 342 participant-e-s organisée hier en grande pompes – sans oublier les cuisses, les abdos et les fessiers – via un sondage sur le compte Twitter de Viola Amherd. Coût de l’opération : 2,5 milliards de francs suisses clés en main et service après-vente compris durant deux ans. Le sous-marin, initialement prévu pour la haute-mer devra néanmoins subir quelques ajustements afin d’être mis en conformité avec les réglementations fédérales. Des questions devraient également être ajoutées à l’examen théorique du permis bateau et un nouveau manuel « Naviguer dans les eaux suisses en évitant de percuter des sous-marins nucléaires » devrait voir le jour d’ici 2024, si tant est que les fonctionnaires de l’État parviennent à dégager du temps pour le rédiger entre deux siestes. 

Question financement, outre les impôts qui devraient augmenter sur les personnes physiques touchant moins de 5400 francs par mois, le gouvernement envisage d’ouvrir un compte Tipeee – qui n’en est plus à son premier financement de projets débiles – mais aussi de se lancer dans la revente des moumoutes obtenues à partir des chutes de cheveux des personnes calvitiées ainsi qu’en important la masse capillaire des anglo-saxons tondus en France. Bref, sur ce point-là, l’ingéniosité des autorités devrait leur permettre de trouver un moyen de financer l’opération tout en maintenant le niveau de prospérité économique des citoyens les plus aisés. 

Pour ce qui est de l’emplacement du sous-marin, c’est tout naturellement que le Lac de Genève a été choisi pour l’accueillir. Sitôt que des travaux auront été effectuées à la Nautique, une place d’amarrage sera entièrement dédiée au U-boot, lequel pourra servir de club privé ou de site d’attraction touristique pour touristes chinois. Le gouvernement local de se réjouir : « C’est pas trop tôt ! Enfin un monument à la hauteur de la Genève international dedieu ! ». Une question demeure cependant : pourra-t-on enfin détruire cet affreux jet d’eau à coup de pelle-mécaniques si un monument plus digne de porter le nom de monument arrivait à Genève ? Yves Nidegger, Christian Lüscher, Mauro Poggia et Virna Conti – pour les quotas – devraient discuter de la question mercredi prochain sur le plateau d’Infrarouge. Une émission à ne pas manquer !

Le sous-marin nucléaire devrait également sortir pour patrouiller à la frontière franco-suisse et couler les quelques Zodiac qui essaient de faire passer de la poudre tonique de Bolivie entre Évian et Ouchy. Le porte-parole de la police de conclure : « Les frêles esquifs du village de pêcheur qu’on appelle Lausanne devraient également y passer. Cela fait trop d’années qu’ils usurpent la propriété de notre lac sans jamais payer aucun droit de naviguer et en lui prêtant un nom totalement pléonastique. Avec notre nouvelle puissance de feu, on peut considérer que cette impunité appartient au passé. ». 

La Rédaction. 

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