Genève

Réouverture des frontières – le retour des vols de scooters réjouit les concessionnaires genevois.

Si la réouverture de la douane de Moillesullaz sonne le glas des passages clandestins de part et d’autre de la frontière pour aller voler quelques baisers à son rendez-vous Tinder ou à sa régulière, la mesure marque aussi le reprise économique de toute une branche, celle des concessionnaires de scooters. 

Pourquoi ces derniers affichent-ils un sourire à peine dissimulé sur leurs visages marqué par l’embonpoint de deux mois de semi-confinement ? Nos équipes d’investigation se sont rendues dans plus de cinq scooter-shops pour leur poser la question. Leur réponse, unanime, tient en quelques mots : la reprise des vols de scooters.

En effet, la fermeture des frontières avait créé non seulement des difficultés d’acheminement du personnel médical dans les hôpitaux genevois, mais elle avait aussi mis au chômage technique tous les travailleurs Français dont la seule source de revenu découlait d’acquisitions frauduleuses de scooters immatriculés en Suisse. « Nous avons dû nous serrer la ceinture durant ces deux mois, mais la nouvelle nous réjouit, bien évidemment », déclare George Précarré, un ouvrier exerçant la profession depuis plus de vingt ans déjà. Le même d’ajouter : « j’ai dû me séparer de l’apprenti qui m’accompagnait durant mes tournées… Vous comprenez… Je ne pouvais plus lui reverser les 15% que nous avions convenus une fois le scooter revendu. Quel gâchis tout de même, je venais de lui apprendre à péter les Neimans… ». 

Selon une étude réalisée par l’Université de Genève, plus il y aurait de frontaliers sur un territoire délimité, plus les vols de scooters seraient nombreux. En effet, ceux-ci seraient responsables d’environ 100% des délits inhérents à la subtilisation de véhicules motorisés de catégorie A à l’aide de camionnettes blanches immatriculées 69, 13 ou 74. Des rumeurs circulent selon lesquelles il circulerait plus de plaques suisses que françaises au sein du village de Macon.

Bref, pour les concessionnaires, le business est presque aussi rentable que pour les voleurs car il fait « tourner l’économie locale ». D’ailleurs, on les soupçonnerait presque d’entretenir un réseau d’intelligence avec les shadocks, tant l’espérance de vie d’un deux roues sans cadenas en ville de Genève est dérisoire. En effet, qui dit vol dit assurance ; qui dit assurance dit remboursement grâce auquel le lésé pourra se racheter le moyen de devenir un donneur d’organe. Un cercle vertueux dont on penserait presque qu’il fût imaginé par Henri Ford lui-même. 

La rédaction.

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