Société

Si Jésus devait aujourd’hui se sacrifier pour l’Humanité, il ne le ferait pas

Il y a deux mille vingt-et-un an moins trente-trois, Jésus donnait sa vie pour protéger l’Humanité. Il nourrissait alors l’espoir que celle-ci construise un projet ambitieux où tout le monde serait en mesure de se réaliser sans jamais souffrir comme lui-même a souffert d’observer l’engeance pouilleuse de vos aïeuls. Aujourd’hui, si c’était à refaire, il ne se sacrifierait pas pour vous. Interview. 

Le stagiaire de la Biturne (S) : Salut Jésus, comment tu vas ? J’ai vu que t’avais récemment lancé une chaine Twitch sur laquelle tu faisais des live exhortant l’Humanité de faire le bien ? On va commencer par-là ! Est-ce que ça fonctionne bien (rires) ?!

Jésus (J) : Salut le Stagiaire ! Bah écoute, pas trop mal ! On a surtout des fidèles de type Christine Boutin et des sud-américains, mais le nombre d’abonnés augmente et on a déjà réussi à leur vendre un peu de merch, donc on est content ! Grace à cela on essaie de financer une éducation à nos prêtres pour qu’ils comprennent que ce n’est plus possible de traiter les enfants de la sorte. 

S : Attendez, de quelle sorte ?

J : Je ne vous refais pas l’histoire… Mais tout ce que je peux dire c’est que Theodore Bagwell n’a rien inventé avec sa fameuse poche…

Le célèbre Theodore Bagwell, aka T-Bag.

S : Bref, nous ne sommes pas là pour déranger de toute manière ! Sinon, racontez-nous ce jour où vous avez été crucifié après que votre meilleur ami vous a, si j’ose dire, planté un couteau dans le dos. Est-ce que ça fait mal des clous dans les poignets et les chevilles ?

J : Écoutez, je répondrai simplement que Jet Li n’a pas inventé l’apprentissage de la douleur. Bien avant lui, j’ai reçu d’innombrables coup de pieds à l’entrejambe et des coups de poings dans les abdos. J’avais cependant, le jour de ma crucifixion, très peu entrainé mes poignets. Et cela m’a donc chatouillé un peu. Mis à part ça, ce fut une partie de plaisir de mourir sous les jets de tomates et les mille algarades de mes détracteurs. Entre nous, mais vous n’irez pas le raconter ailleurs…

S : Noooon, loin de nous l’idée de trahir votre parole. Après tout, il s’agit de celle du Seigneur dont vous êtes le fils !

J : Entre nous, donc, si je peux reprendre, j’avais bon espoir qu’en deux mille ans vous parvinsses, l’Humanité, à accomplir quelque chose de bien meilleur que ce que j’observe aujourd’hui : 21’000 personnes qui meurent de faim chaque jour dans le monde alors que la plupart des occidentaux souffrent d’obésité, c’est quand même assez dingue ! Et puis tiens, prenons un exemple très concret, puisque nous sommes à Genève, je me suis rendu hier soir à la REM dans l’espoir de m’en jeter quelques-unes… Tout était fermé ! Bon, j’ai ensuite compris que vous viviez une pandémie et que vous faisiez en sorte de ne plus vous rencontrer trop souvent pour préserver les plus vulnérables, par solidarité. Cela m’a redonné le sourire, et je me suis dit que vous n’étiez pas si mauvais, au final. Cependant, en rentrant à l’Intercontinental – et ouais, l’Église a les moyens – j’ai croisé pas moins d’une dizaine de personnes qui passaient la nuit dehors, sur des cartons, tandis qu’un type bourré essayait de payer sa course de taxi avec une Breitling à 50k en demandant au chauffeur de lui rendre la monnaie… Non mais vous en êtes où debleu ?! Bref, tout ça pour dire que vu la tournure que vous laissez prendre aux choses, faudra pas compter sur moi pour me sacrifier à nouveau. Ah ça, vous pouvez vous la carrer dans l’oignon l’abnégation du divin enfant !

La Rédaction. 

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