La Poste craint que le mécontentement des aînés, en raison de la transition du bulletin de versement à la QR-facture le 1e octobre prochain, ne vire à l’insurrection. Pour parer à toute éventualité, des réservistes seront placés devant les bureaux pour éviter les débordements.
Les clients de la Poste sont sur le point de vivre un changement qui, de mémoire de stagiaire au sein du flex office de la Biturne de Genève, n’a pas son pareil dans l’histoire des PTT. En effet, le 1e octobre prochain, l’ensemble du système de paiement du géant jaune passera du bulletin de versement orange à la QR-facture qui fait voir rouge la plupart des clients réguliers des services pététiques.
« C’est un scandale ! Ils n’ont pas pensé aux gens comme moi pour qui un tel changement représente un défi majeur ! », s’offusque ainsi Mireille, une retraitée de 79 ans habituée aussi bien aux succursales de la Poste qu’à faire ses courses les samedis aux côtés des personnes qui travaillent durant la semaine. « Au rythme où innove la Poste, je ne pourrais bientôt plus me rendre au guichet ! », déclare quant à lui Georg, 87 ans, habitué lui aussi du géant jaune dans les agences duquel il prend, d’ailleurs, un malin plaisir à créer de longues files d’attente en payant son loyer – au demeurant plutôt bon marché, s’élevant à un montant de 657 CHF/mois, charges comprises – à l’aide de pièces de cinq centimes qu’il collectionne depuis sa plus tendre enfance et qui lui ont permis d’amasser la coquette somme, tout de même, de 356’747 francs net d’impôts étant entendu que sa mitraille est dissimulée dans un faux plafond situé au-dessus de son lit.
Ainsi, tout comme Mireille et Georg, ils sont des centaines de milliers de retraités à déplorer ce changement à la Poste – ndlr : ils sont d’ailleurs la même centaine de milliers de retraités à déplorer tout changement, quel qu’il soit. La Poste qui, cela étant, ne dissimule pas son appréhension alors qu’approche la date butoir : « Pour ne rien vous cacher, nous craignons des débordements », avoue son porte-parole. « Ces personnes n’ont certes plus trop de force, mais elles ont la force du nombre. En plus, certaines d’entre elles sont armées de cannes, de déambulateurs ou d’autres objets qui, habilement maniés, peuvent provoquer des dégâts considérables, notamment s’ils sont envoyés contre les vitrines de nos bureaux ou utilisés contre nos agents ! », détaille-t-il. Pas de panique cependant, car l’Armée a d’ores et déjà confirmé l’envoi de quelques milliers de réservistes pour « sécuriser » les bureaux de poste, à compter du 1e octobre et jusqu’à ce que « chacun retrouve son calme » ou que ces messieurs-dames « aient naturellement oublié pourquoi leur esprit s’était échauffé. »
La Rédaction.